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Un intérêt croissant pour l'épargne solidaire (janvier 2004)
Les Français connaissent de mieux en mieux l'épargne solidaire et sont de plus en plus nombreux à y souscrire. Telles sont les principales informations livrées par le " Baromètre des finances solidaires ", réalisé par l'association Finansol, en partenariat avec le journal La Croix, le Crédoc (Centre de Recherche pour l'Etude et l'Observation des Conditions de vie), et avec le soutien de la Caisse des dépôts et consignations.

15% des Français ont déjà entendu parler des produits d'épargne solidaire, soit trois points de plus qu'en 2001. Le baromètre souligne que « cette notoriété demeure sensiblement plus importante au sein des catégories à fort capital social et culturel ».
Près de la moitié des personnes interrogées (43%) se déclarent même prêts à souscrire un tel produit* (+8 points par rapport à 2001). Les avantages fiscaux constituent, pour 37% des Français, le premier facteur qui pourrait les amener à ce type d'investissement.

De plus en plus d'épargnants. Conséquence logique de ces résultats : le nombre d'épargnants solidaires ne cesse d'augmenter. Avec une progression annuelle de 21%, il a plus que triplé en six ans, pour atteindre 39.000 à la fin de l'année 2002. L'apparition de l'épargne salariale solidaire en 2002 (près de 7000 souscripteurs en entreprise dès la première année) a largement contribué à cette accélération.

Par ailleurs, les épargnants se tournent davantage vers les produits d'investissement (+ 28% par an) que vers les placements de partage (+ 10% par an). Au total, l'encours de l'épargne solidaire atteignait 291 millions d'euros à la fin de l'année 2002, avec un fort développement des livrets bancaires et comptes à terme solidaires, sans risques pour l'épargnant.

Proximité d'abord. Interrogés sur les domaines dans lesquels ils souhaitent que leur épargne soit mobilisée, plus du tiers des Français (35%) optent en premier lieu pour la réinsertion des personnes en difficulté. Arrivent ensuite l'environnement (19%), le développement régional (17%), le financement du logement social (16%) et le développement des pays du Sud (12%). De fait, l'insertion par le travail ou par le logement mobilise les trois quarts des financements solidaires. 

* La France compte environ 13 millions d'épargnants, selon l'Insee (chiffres 2001).

 

 

« Il faut que les épargnants passent de la théorie à la pratique »

 

Jean-Pierre Sicard  Jean-Pierre Sicard est président de Novethic, centre de ressources et d'expertise sur la responsabilité sociétale des entreprises et l'investissement socialement responsable.

 

Que vous inspire l'évolution mise en relief par le baromètre de Finansol ?

Quand on s'intéresse à ce type d'épargne, on ne peut qu'espérer le voir se développer. Le nombre d'épargnants concernés, les sommes en jeu, la notoriété croissante... tout cela me semble donc déjà significatif. Même si l'épargne solidaire constitue encore un univers bien particulier.
En fait, l'enjeu me paraît désormais se situer à deux niveaux. Il faut que ce type de produit d'épargne puisse être de plus en plus connu des particuliers, car le potentiel de placement me semble beaucoup plus important que ce qu'attire aujourd'hui l'épargne solidaire. Mais, surtout, il faut que les épargnants puissent passer plus facilement de la théorie à la pratique.

Comment ?

L'épargne solidaire reste encore assez marginale et s'appuie sur des circuits que tout le monde ne connaît pas forcément. Elle doit maintenant être davantage présente dans les réseaux de distribution classiques. Le problème se pose d'ailleurs de la même façon pour les investissements éthiques.
L'idéal serait de pouvoir rencontrer un conseiller financier qui vous dise : « Ce produit existe, et il présente telle et telle caractéristique ». Non seulement nous n'en sommes pas encore là, mais si quelqu'un évoque l'épargne solidaire avec son banquier, il a surtout des chances de se voir décourager et réorienter vers des produits traditionnels. D'un autre côté, vous pouvez difficilement demander à des banquiers de distribuer des produits qu'ils ne gèreront pas eux-mêmes.

Quelles sont les alternatives ?

L'épargne salariale me semble constituer un axe important pour le développement de l'épargne solidaire, d'autant que la démarche reçoit le soutien des partenaires sociaux. Quant aux circuits un peu spécifiques qui existent pour l'épargne solidaire, il faut les encourager. Un réseau comme celui des Caisses d'épargne, qui distribue plusieurs produits de ce type, me semble en effet suffisamment connu du grand public pour en assurer l'essor.

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