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15% des Français ont déjà entendu parler des produits d'épargne solidaire,
soit trois points de plus qu'en 2001. Le baromètre souligne que « cette
notoriété demeure sensiblement plus importante au sein des catégories à fort
capital social et culturel ». Près de la moitié des personnes interrogées
(43%) se déclarent même prêts à souscrire un tel produit* (+8 points par rapport
à 2001). Les avantages fiscaux constituent, pour 37% des Français, le premier
facteur qui pourrait les amener à ce type d'investissement.
De plus en plus d'épargnants. Conséquence logique de ces
résultats : le nombre d'épargnants solidaires ne cesse d'augmenter. Avec une
progression annuelle de 21%, il a plus que triplé en six ans, pour atteindre
39.000 à la fin de l'année 2002. L'apparition de l'épargne salariale solidaire
en 2002 (près de 7000 souscripteurs en entreprise dès la première année) a
largement contribué à cette accélération.
Par ailleurs, les épargnants se tournent davantage vers les produits d'investissement (+ 28% par an)
que vers les placements de partage (+
10% par an). Au total, l'encours de l'épargne solidaire atteignait 291 millions
d'euros à la fin de l'année 2002, avec un fort développement des livrets
bancaires et comptes à terme solidaires, sans risques pour l'épargnant.
Proximité d'abord. Interrogés sur les domaines dans lesquels
ils souhaitent que leur épargne soit mobilisée, plus du tiers des Français (35%)
optent en premier lieu pour la réinsertion des personnes en difficulté. Arrivent
ensuite l'environnement (19%), le développement régional (17%), le financement
du logement social (16%) et le développement des pays du Sud (12%). De fait,
l'insertion par le travail ou par le logement mobilise les trois quarts des
financements solidaires.
* La France compte environ 13 millions
d'épargnants, selon l'Insee (chiffres 2001).
« Il faut que les épargnants passent de la théorie à la
pratique »
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Jean-Pierre Sicard est président de Novethic, centre
de ressources et d'expertise sur la responsabilité sociétale des
entreprises et l'investissement socialement
responsable. |
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Que vous inspire
l'évolution mise en relief par le baromètre de Finansol
?
Quand on s'intéresse à ce type d'épargne, on ne peut qu'espérer le voir
se développer. Le nombre d'épargnants concernés, les sommes en jeu, la notoriété
croissante... tout cela me semble donc déjà significatif. Même si l'épargne
solidaire constitue encore un univers bien particulier. En fait, l'enjeu me
paraît désormais se situer à deux niveaux. Il faut que ce type de produit
d'épargne puisse être de plus en plus connu des particuliers, car le potentiel
de placement me semble beaucoup plus important que ce qu'attire aujourd'hui
l'épargne solidaire. Mais, surtout, il faut que les épargnants puissent passer
plus facilement de la théorie à la pratique.
Comment
?
L'épargne solidaire reste encore assez marginale et s'appuie sur des
circuits que tout le monde ne connaît pas forcément. Elle doit maintenant être
davantage présente dans les réseaux de distribution classiques. Le problème se
pose d'ailleurs de la même façon pour les investissements éthiques. L'idéal
serait de pouvoir rencontrer un conseiller financier qui vous dise : « Ce
produit existe, et il présente telle et telle caractéristique ». Non seulement
nous n'en sommes pas encore là, mais si quelqu'un évoque l'épargne solidaire
avec son banquier, il a surtout des chances de se voir décourager et réorienter
vers des produits traditionnels. D'un autre côté, vous pouvez difficilement
demander à des banquiers de distribuer des produits qu'ils ne gèreront pas
eux-mêmes.
Quelles sont les
alternatives ?
L'épargne salariale me semble constituer un axe important pour le
développement de l'épargne solidaire, d'autant que la démarche reçoit le soutien
des partenaires sociaux. Quant aux circuits un peu spécifiques qui existent pour
l'épargne solidaire, il faut les encourager. Un réseau comme celui des Caisses
d'épargne, qui distribue plusieurs produits de ce type, me semble en effet
suffisamment connu du grand public pour en assurer
l'essor.
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