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Epargne  Magazine
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L'épargne salariale progresse dans les PME (décembre 2004)
Une étude récente de la Dares (Direction de l'animation de la recherche des études et des statistiques), éditée par le Ministère de l'emploi, du travail et de la cohésion sociale, confirme l'efficacité des dispositions prises dans le cadre de la loi Fabius du 19 février 2001 pour favoriser l'accès des PME à l'épargne salariale.

Trois dispositifs. L'épargne salariale s'appuie sur trois dispositifs, qui peuvent éventuellement être combinés : la participation, l'intéressement et le PEE (Plan d'épargne entreprise). Selon l'étude de la Dares, 52% des salariés du secteur marchand non agricole travaillaient, fin 2002, dans une entreprise ayant mis en place au moins l'un de ces dispositifs. Dans les entreprises employant plus de 500 personnes, le pourcentage s'élève à près de 92%.

L'extension aux PME. La loi du 19 février 2001 a favorisé le développement de l'épargne salariale au sein des petites structures. Elle a ouvert l'accès au plan d'épargne aux dirigeants des entreprises employant au moins un salarié et au plus 100, alors qu'ils étaient exclus de tout dispositif. Ainsi, ces derniers peuvent abonder leurs versements volontaires en exonération de charge, d'impôt sur les bénéfices et d'impôt sur le revenu, comme pour leurs salariés*.
La loi autorise également la mise en place de plans communs à plusieurs entreprises (PEI, Plans d'épargne interentreprises).

Un développement réel. Les entreprises employant entre 50 et 99 personnes ont le plus souvent recours à la participation seule. Dans cette catégorie, le pourcentage des sociétés ayant mis en place un dispositif de ce type est passé de 52,4% en 1999 à 55,4% en 2002.
La pénétration de l'épargne salariale est moins importante dans les entreprises de moins de 50 salariés (dans lesquelles l'intéressement et, surtout, le PEE sont les dispositifs les plus utilisés). Son développement y est toutefois réel. Ainsi, fin 2002, 7,7% des entreprises comptant entre 10 et 49 salariés disposaient d'un Plan d'épargne, contre seulement 4,8% trois ans plus tôt.
Le nombre de salariés ayant accès à un PEE évolue de manière comparable. Dans les entreprises employant entre 50 et 99 personnes, il est passé de 14,4% en 1999 à 19,6% fin 2002. Dans les entreprises de 10 à 49 salariés, ce taux atteignait 8,5% fin 2002, contre 5,6% trois ans plus tôt.

Certains secteurs plus réceptifs. Les PME qui proposent un dispositif d'épargne salariale sont par ailleurs concentrées dans des secteurs bien précis : la banque, l'assurance, l'informatique et le conseil aux entreprises. Elles offrent en outre la particularité de proposer des salaires moyens beaucoup plus élevés que les autres. Dans des secteurs comme la santé, l'éducation ou l'action sociale, l'épargne salariale est en revanche encore peu répandue.

* NDR : Plus encore que les PME, ce sont les TPE familiales, les professionnels et les professions libérales [de moins de 10 salariés] qui ont le mieux compris tout l'intérêt patrimonial de cette disposition.

 

Patrick Lelong : "Le développement de l'épargne salariale dans les PME va se poursuivre"

  Journaliste spécialiste des questions de patrimoine, Patrick Lelong est l'auteur avec Martine Tessières de « Épargne salariale, mode d'emploi », coédité par France Info et Jacob-Duvernet.

Quels sont les éléments qui, selon vous, freinent encore le développement de l'épargne salariale au sein des PME?

Il y a d'abord la structure même de ces entreprises. Certaines présentent une forte valeur ajoutée dans leur domaine mais, la plupart du temps, les personnes qui les dirigent ne sont pas à proprement parler des financiers. Quand on leur parle d'un PEE, il faut donc généralement leur expliquer de quoi il s'agit et quels en sont les avantages. Il faut ensuite convaincre les salariés de l'intérêt d'avoir des sommes bloquées pendant cinq ans sur un plan épargne.
Même un mécanisme comme l'intéressement peut présenter des côtés rigides. Une fois que la formule a été définie, si elle correspond par exemple à une hausse de productivité, l'employeur est tenu de verser un intéressement à chaque fois que l'objectif annuel est atteint. Cela peut donc lui apparaître comme une contrainte supplémentaire. C'est pour cette raison que les PME les plus dynamiques en matière d'épargne salariale se retrouvent dans des secteurs comme la banque, l'assurance ou le conseil, dont les dirigeants et employés sont plus au fait des mécanismes financiers.

 

Le développement de l'épargne salariale dans les PME n'est qu'une affaire de temps selon vous?

Absolument. C'est vrai que le salarié d'une petite entreprise moyennement payé, peut préférer voir son salaire annuel augmenter de 500 euros, plutôt que de bénéficier d'un versement du même montant sur un PEE. Cela prendra donc un peu plus de temps, d'autant que, généralement, les PME ne disposent pas d'une Direction des Ressources humaines où deux ou trois personnes s'occupent à temps plein de l'épargne salariale ! Mais je pense que le développement du processus va se poursuivre, y compris dans les petites structures, parce qu'il s'inscrit dans la même démarche que les Perp ou les Perco : la confiance dans les capacités de l'État à garantir notre avenir s'amenuise, on demande donc à l'entreprise de prendre le relais.

 

 

Les candidats à l'épargne salariale ne doivent-ils pas, par ailleurs, vaincre certaines appréhensions concernant la Bourse?  

 

Je ne pense pas que les résultats de la Bourse ces dernières années soient décourageants pour les candidats à l'épargne salariale. D'une part parce que certaines formules, mélanges de monétaire et d'obligations, permettent de se constituer des portefeuilles présentant peu de risque. D'autre part, l'abondement généralement pratiqué par l'entreprise contribue (NDR : grâce à son effet de levier) à rendre les rendements des PEE très attractifs...

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