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Des
chiffres impressionnants.
Début 2004, 59%
des ménages, soit plus de 22 millions de personnes, déclaraient posséder un
contrat d'assurance vie*. Seuls les livrets défiscalisés (livrets A, Codevi...)
étaient plus répandus (83%) mais, au sein du patrimoine des ménages, l'assurance
vie devançait la résidence principale (56%), l'épargne logement (41%), les
valeurs mobilières (24%) ou l'épargne salariale (17%).
L'assurance en cas de vie.
Elle
concerne 11,6 millions de personnes réparties sur un peu plus du tiers des
ménages (34,5%), mais représente la grande majorité des cotisations et des
encours. Fin 2004, ceux-ci s'élevaient, selon la FFSA, à 837,4 milliards
d'euros. 97,2 milliards d'euros ont été collectés en 2004, pour un versement
annuel moyen de 7354 euros par détenteur. Selon l'étude, « il s'agit
(...) pour une part significative, de transferts de patrimoine provenant
par exemple de la vente d'une résidence secondaire ou de la clôture d'un (autre)
produit d'épargne ».
Début
2004, 70% des ménages qui détenaient une assurance vie avaient choisi un contrat
en euros, et 38% un contrat multisupports. L'ancienneté moyenne des
contrats était de 10 ans. Enfin, les contrats collectifs ont connu une
progression annuelle moyenne de 13% entre 1996 et 2004. Ils représentent
désormais un encours de 75 milliards d'euros.
L'assurance en
cas de décès. C'est le produit le plus répandu (41,5% des ménages),
mais les cotisations y sont beaucoup plus modestes. Elles ne représentaient que
6,7% des sommes collectées par l'assurance vie en 2004, soit 7 milliards
d'euros.
Les contrats souscrits dans le cadre d'un prêt bancaire y
sont prépondérants. 21,5% des ménages détiennent cependant un contrat pour
protéger leurs proches (temporaire décès, contrats obsèques, rente
éducation...). Selon l'Insee, ce chiffre doit d'ailleurs être revu à la hausse,
dans la mesure où il ne prend sans doute que partiellement en compte les
contrats décès en entreprise ou ceux que prévoient les cartes
bancaires.
Des progressions
possibles. Après avoir fortement évolué ces vingt dernières années,
l'assurance vie offre désormais des produits nombreux et adaptés à la demande.
Selon les auteurs de l'étude, elle devrait poursuivre sa croissance, même si les
avantages fiscaux ont été réduits. Trois pistes leur semblent plus
particulièrement prometteuses :
-
le
développement des contrats profilés, adaptés au risque choisi par leur
détenteur
-
la
préparation à la retraite
-
le
vieillissement de la population, qui amènera sans doute les épargnants à
modifier leur comportement de protection vis-à-vis de leur conjoint.
*
L'assurance en cas de décès assure le versement d'une rente ou d'un capital à un
ou plusieurs bénéficiaires en cas de décès de l'assuré. L'assurance en cas de
vie prévoit le versement d'une rente ou d'un capital à l'assuré s'il est encore
en vie à une date fixée dans le contrat. Elle inclut, le plus souvent, une
contre-assurance en cas de décès.
Hervé Pagenelle : "Inventer l'assurance vie
de demain"
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Hervé Pagenelle, de la Direction des
études et des statistiques de la FFSA, a participé à la rédaction de
l'étude. |
Pourquoi une telle enquête ?
Elle
constitue le moyen idéal pour obtenir des informations que nous n'avons pas
habituellement. Nous disposons en général de données très précises sur les
volumes d'épargne ou sur la rentabilité des contrats, mais nous n'avions, par
exemple, qu'une idée très floue du nombre et de la répartition sociale des
assurés. Ce sera, du reste, notre prochain travail. Nous avions décidé
d'analyser l'enquête en deux temps : d'abord en la regardant de façon très
globale, en examinant les taux de détention, puis en étudiant davantage les
caractéristiques des épargnants. Ce second volet devrait d'ailleurs donner lieu
à la rédaction d'un nouveau document, dans les mois qui
viennent.
L'idée est donc de mieux cerner le
profil des gens à qui vous vous
adressez ?
On parle beaucoup en ce moment du rajeunissement des
assurés, des modifications structurelles provoquées par la recomposition des
familles, de l'arrivée du papy boom... Or, il ressort de l'enquête qu'une des
forces de l'assurance vie est d'avoir su évoluer, pour proposer des produits
adaptés à la demande. Il est donc important de mesurer l'impact de ces
mutations, pour essayer de deviner un peu ce que sera l'avenir et continuer à
inventer l'assurance vie de demain.
La
progression du nombre des assurés est comparable à l'évolution de leurs
cotisations. La cotisation moyenne n'a pas progressé beaucoup plus que
l'inflation. Ces dernières années, l'assurance vie a d'abord crû parce que de
nouveaux assurés y sont venus, ce qui est positif. D'autre part, la grande
innovation est d'avoir introduit, avec succès, le risque financier dans certains
contrats, via le développement des contrats en unités de
compte.
38% des ménages détenant un contrat
multisupports vous semblent être un résultat
positif?
La
part de risque dans le patrimoine des ménages français est traditionnellement
faible quand on la compare, par exemple, à celle des ménages anglo-américains.
Par ailleurs, dans le passé, l'assurance en cas de vie était considérée comme LE
produit de la sécurité, à taux garanti. Que plus d'un tiers des ménages aient
compris qu'il va de leur intérêt d'ajouter une dimension de risque à leur
épargne me semble donc, effectivement, un beau succès. D'autant qu'il n'a été
acquis qu'en une petite dizaine d'années, et que la progression va se
poursuivre.
Quels sont, à vos yeux, les autres
secteurs qui disposent de marges de progression
importantes ?
J'évoquerai principalement le domaine de la prévoyance et
l'assurance décès. Deux phénomènes vont y concourir. D'une part, les ménages
s'endettent de plus en plus. Or, là encore, nous ne faisons que nous rapprocher
des standards anglo-américains, où l'endettement reste nettement supérieur au
nôtre. Le processus devrait donc se poursuivre et l'assurance emprunteur a, en
toute logique, encore de beaux jours devant elle.
D'autre
part, le désir de protéger sa famille et/ou ses proches, quel que soit le lien
de parenté, ne pourra que croître avec le vieillissement de la population.
La France a
toujours réagi aux évolutions de la génération du baby boom. Elle a changé la
société dans les années 70, transformé les lycées et les universités... Les
baby-boomers approchant désormais de l'âge de la retraite, ce sujet est dans
l'actualité. Dans quelques années, ils vont surtout nous parler de dépendance ou
de prévoyance !
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