Le financement du RSA.
Pour
financer la généralisation du Revenu de solidarité active (RSA) à partir du 1er
juillet 2009, les revenus du patrimoine perçus ou réalisés à compter du
1er janvier 2008 (revenus fonciers, plus-values de cession de valeurs
mobilières et de droits sociaux) sont soumis à une contribution additionnelle au
prélèvement social de 1,1 %. Depuis le 1er janvier 2009, cette taxe est étendue
aux produits de placement (revenus de capitaux mobiliers) et aux plus-values
immobilières. Ajoutée à la CSG et à la CRDS, cette taxe porte à 12,1 % le total
des prélèvements sociaux opérés sur les revenus de placement et du
patrimoine.
Niches plafonnées.
L'autre
nouveauté importante réside dans le plafonnement global des « niches
fiscales ». À partir de l'année prochaine, un contribuable ne pourra plus
obtenir de réduction d'impôt supérieure à 25 000 euros, auxquels s'ajouteront 10
% de son revenu imposable. De plus, certaines niches se voient également
appliquer des plafonds spécifiques. C'est par exemple le cas dans l'immobilier
où seul le dispositif en faveur de l'entretien des monuments historiques
échappera au plafonnement.
L'immobilier.
Une
autre modification importante touche à l'immobilier. Les régimes Robien et
Borloo vont en effet progressivement disparaître pour être remplacés par un
nouvel outil de défiscalisation, baptisé loi Scellier. Il offre pendant neuf ans
une réduction d'impôt, qui ne s'applique toutefois que sur la partie du prix de
revient inférieure à 300 000 €.
Des
simplifications. Quelques
aménagements devraient simplifier la vie des contribuables. Ainsi, dans le cadre
du bouclier fiscal, lorsque les impôts excèderont 50 % des revenus, il sera
désormais possible de déduire directement le trop versé des taxes foncière,
d'habitation ou de l'ISF. En matière de transmission, un nouveau dispositif est
mis en place jusqu'à fin 2011. Il permet aux bénéficiaires d'une succession ou
d'une donation, dans les trois mois suivant leur règlement, de demander au fisc
de contrôler leurs déclarations. Sans réponse de l’administration dans un délai
d'un an, la déclaration sera considérée comme valable.
Agnès Bricard : « Nous arrivons à un système d'équité fiscale »
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Agnès
Bricard est la vice-présidente du Conseil supérieur de l'Ordre des
experts-comptables (CSOEC). Elle voit dans ces mesures l'aboutissement
d'un processus. |
Elles
marquent, à mes yeux, l'achèvement de la réforme de l'impôt sur le revenu
entamée en 2005. Cette réforme s'appuyait en effet sur quatre piliers :
diminution du nombre de tranches et arrondissement des taux, suppression de
l'abattement de 20 % et diminution du barème afin de le rendre comparable à
celui des autres pays européens, mise en place d'un bouclier fiscal pour éviter
de rendre l'impôt confiscatoire et plafonnement des niches fiscales. Mais cette
dernière mesure avait été rejetée par le Conseil constitutionnel, qui la jugeait
trop difficile à mettre en œuvre. Ce quatrième pilier installé, nous assistons à
un glissement de la fiscalité incitative.
C'est-à-dire ?
Jusqu'à
présent, les incitations fiscales s'appuyaient sur des déductions du revenu, qui
modifiaient la base imposable. Mais ce dispositif n'était pas très juste, dans
la mesure où il aboutissait à des avantages d'autant plus importants que les
tranches d'imposition étaient élevées. Toutes ces réductions du revenu global
ont donc été transformées en réductions d'impôt, dont les taux sont identiques
pour l'ensemble des contribuables. Quelle que soit la tranche d'imposition,
l'avantage fiscal est donc le même pour un investissement identique. Pour en
revenir à votre question initiale, la première ligne directrice me paraît donc
être l'équité fiscale ; la seconde, la
simplification.
C'est dans cet esprit que la loi Scellier va remplacer les
dispositifs Borloo et Robien...
Absolument.
En fait, par delà la volonté d'équité, ces modifications ont également été
imposées par la nécessité de préserver l'assiette de la CSG, de la CRDS et de la
taxe instaurée pour financer le RSA. Car les déductions sur le revenu
affectaient également cette assiette. Désormais, l'avantage fiscal est limité au
seul impôt sur le revenu et ne touche plus les prélèvements sociaux.
À ceci près que ces prélèvements sociaux sont intégrés dans le
bouclier fiscal...
C'est
effectivement, à mon avis, une erreur technique, puisque les contribuables qui
bénéficiaient déjà du bouclier fiscal, alors que les prélèvements sociaux
étaient à 11 %, ne contribueront pas au financement du RSA. C'est d'ailleurs
dans cet esprit que l'on étudie aujourd'hui la possibilité de supprimer l'ISF et
le bouclier fiscal, pour créer une nouvelle tranche autour de 48 % pour les
personnes excédant 100 000 € de revenus par part. Il est, par ailleurs,
intéressant de noter que le taux de 1,1 % mis en place par la loi généralisant
le RSA est un taux maximum. Le texte prévoit qu'il pourra être revu à la baisse
en fonction de la rentabilité du plafonnement des avantages fiscaux.
Vous avez également évoqué la
simplification...
Il
faut aujourd'hui parvenir à un équilibre entre justice et simplicité. Les deux
notions peuvent parfois paraître antinomiques, dans la mesure où l'équité impose
de prendre en compte certains cas particuliers. On gardera donc toujours une
certaine complexité. Or celle-ci va souvent de pair avec l'insécurité fiscale,
en multipliant les risques d'erreur. Dans ce domaine, l'administration a fait
des efforts très importants en renforçant les procédures permettant aux
contribuables de l'interroger directement. Enfin, en matière de fiscalité, la
simplification passe souvent par l'harmonisation. Dans ce domaine, nous avons
encore quelques progrès à faire. Prenez, par exemple, le cas de concubins. Cette
situation crée un foyer fiscal au regard de l'ISF, mais impose de rédiger deux
déclarations de revenus distinctes
!