La banque de France a publié, fin 2011, une étude sur les comportements
patrimoniaux des ménages français (1). Ce document analyse leur épargne entre 2004 et
2010. Il décrit notamment l’évolution de diverses catégories d’actifs financiers
au cours de la crise. Avec 2 900 milliards d’euros pour les principaux
placements financiers, cette épargne a évolué de +40 % en six ans. Plus de neuf
ménages sur dix déclarent détenir au moins un produit d’épargne financière en
2010.
40 % du patrimoine financier en assurance vie
L'assurance vie arrive en première position en termes de volume financier.
Pour ces contrats, l’encours global a augmenté de 64,9 % en six ans, pour
atteindre 1 063,8 milliards d’euros. En 2010, 34,9 % des ménages en détenaient
au moins un contrat alors qu'ils n'étaient que 26,6 % en 2004. Pour expliquer le
phénomène, la Banque de France rappelle que « ce placement conserve une
fiscalité attractive, notamment lorsqu’elle est utilisée pour la préparation de
la retraite ou de la transmission du patrimoine ».
Hausse des livrets d'épargne
Avec 447,3 milliards d'euros d'encours, les livrets d'épargne sont en
progression de 46 %. Ils sont aussi le placement le plus répandu en France : 85
% des ménages déclarent en détenir au moins un. L'évolution concerne en premier
lieu le Livret A qui fait partie du patrimoine de 68,3 % des Français en 2010.
De leur côté, les livrets de développement durable, qui ont succédé au CODEVI,
ont également connu une progression de leur encours. Mais leur taux de détention
est passé de 42 % à 39,4 %.
Recul de l'épargne logement
Les ménages français ont moins investi dans les produits d'épargne destinés
à un achat immobilier. Le plan d’épargne-logement (PEL) fait partie du
portefeuille de 22,5 % des ménages, soit presque 9 points de moins qu'en 2004.
Pour le compte d’épargne-logement (CEL), la baisse est de 2,7 points. Selon la
Banque de France, ce recul du PEL pourrait notamment s’expliquer par la
fiscalisation partielle de sa rémunération.
… et du nombre de détenteurs de titres financiers
En 2010, moins d'un Français sur quatre détenait des titres financiers,
alors qu'ils étaient moins d'un sur trois à en posséder six ans plus tôt. Selon
la Banque de France, la forte baisse des cours boursiers de 2007-2008 n’est sans
doute pas étrangère à cette relative désaffection. Ce recul est particulièrement
sensible pour les titres d’OPCVM détenus dans le cadre d’un plan d’épargne en
actions (PEA) et, dans une moindre mesure, pour les actions cotées détenues en
dehors d’un PEA.
Peu de goût pour le risque
Avec la crise, le goût du risque a tendance à se dissiper. Selon la Banque
de France, 63,6 % des ménages se situent dans la catégorie de « forte aversion
pour le risque », soit cinq points de plus qu'en 2004. Cette méfiance est plus
forte chez les femmes, 70 % d'entre elles déclarant appartenir à cette catégorie
contre 57 % des hommes : un homme sur quatre craint peu le risque, alors que les
femmes ne sont qu'un peu plus d'une sur dix. La Banque de France souligne aussi
l’accroissement de la tolérance au risque avec le niveau de revenu des ménages
et la jeunesse des investisseurs. En prenant de l’âge, leur appétence au risque
diminue.
Notes 1 - Les comportements
patrimoniaux des ménages en France. Évolutions et déterminants entre 2004 et
2010
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Les Français épargnent
beaucoup
En France, le taux d’épargne brut (2) s’élève à 16,5 % alors qu’il est de 13,2 %
pour l’ensemble de l’Union européenne. Selon l'étude de la Banque de
France, l'Espagne et l'Allemagne se situent devant l'hexagone au palmarès
des épargnants, avec respectivement 18 % et 17,2 %. Derrière, les Italiens
épargnent 13,9 % et les Britanniques, 6 %.
La composition du patrimoine des ménages varie également beaucoup
d'un pays à l'autre en Europe et outre Atlantique. En France, environ 58 %
des ménages sont propriétaires de leur résidence principale. Cette
proportion grimpe jusqu'à 68 % aux États-Unis et même 80 % en Espagne. À
l’inverse, elle n’est que de 48 % en Allemagne. Les disparités sont encore
plus grandes sur la détention d’actions : les deux tiers des Suédois et
près de la moitié des Américains en possèdent, alors que seuls 15,4 % des
ménages français en détiennent directement ou indirectement.
Notes 2 - Rapport du
flux d’épargne au revenu disponible brut A noter : le revenu disponible
d'un ménage comprend les revenus d'activité, les revenus du patrimoine,
les transferts en provenance d'autres ménages et les prestations sociales
(y compris les pensions de retraite et les indemnités de chômage), nets
des impôts directs. Quatre impôts directs sont généralement pris en compte
: l'impôt sur le revenu, la taxe d'habitation et les contributions
sociales généralisées (CSG) et contribution à la réduction de la dette
sociale
(CRDS).
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