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Qu'entend-on par épargne salariale ? Le terme d'épargne salariale
recouvre en fait deux dispositifs, institués en 1967 par le Général de Gaulle :
la participation et le plan d'épargne d'entreprise (PEE).
La participation est obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés
présentant des résultats positifs. Un accord de participation est mis en place
précisant la durée de blocage de 3 ou 5 ans. Proportionnelle au salaire, dans la
limite d'un plafond (4 fois celui de la Sécurité sociale), la participation
s'adresse à tout le personnel. Une ancienneté de 6 mois maximum peut être
exigée.
Le plan d'épargne d'entreprise est facultatif et relève soit d'une décision
unilatérale de l'entreprise, soit d'un accord avec les salariés ou leurs
représentants. Les sommes versées sur le PEE proviennent de la participation,
des versements volontaires des salariés (dans la limite de 25% de la
rémunération annuelle brute) et de l'abondement de l'employeur (plafonné à
15000 F par an et par salarié). L'intéressement, créé en 1959 peut
compléter l'épargne salariale si le salarié décide d'en verser tout ou partie
sur le PEE.
L'intéressement est facultatif et mis en place dans l'entreprise par un
accord collectif. Il n'est pas obligatoirement lié au bénéfice de l'entreprise.
Toutefois, il est accordé en fonction de critères qui sont définis par chaque
entreprise et sont souvent liés aux résultats ou aux performances économiques et
techniques. Tous les salariés en bénéficient, mais les modalités d'attribution
peuvent varier d'un service à l'autre.
| Des avantages fiscaux
Les employeurs et les salariés qui utilisent ces dispositifs
bénéficient d'avantages fiscaux. Les primes de participation et
d'intéressement sont exonérées de cotisations sociales et de taxes sur les
salaires, à l'exception de la CSG et de la CRDS, et sont déductibles des
résultats de l'entreprise. L'abondement est déductible de l'impôt sur les
sociétés et exonéré de charges sociales et de taxes sur les salaires.
En ce qui concerne le salarié, les sommes perçues au titre de la
participation sont exonérées de cotisations sociales, à l'exception de la
CSG et de la CRDS, et échappent à l'impôt sur le revenu en contrepartie
d'un blocage des fonds de 5 ans. Elles sont imposables pour moitié si
elles sont bloquées 3 ans.
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L'épargne salariale en chiffres
A la fin de 1998, les actifs gérés en Fonds
Communs de Placement d'Entreprise (FCPE), principaux véhicules
de placement de l'épargne salariale, s'élevaient à 217
milliards de Francs (33 Mds d'Euros), soit +17% par rapport à
1997.
Sur 19 millions de salariés, 1/3 bénéficient
d'un dispositif d'épargne salariale, avec une répartition
inégale selon la taille de l'entreprise : 60% des grandes
entreprises sont équipées contre 25% seulement des PME.
Seulement 13% des salariés disposent d'un PEE. |
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Les primes d'intéressement ne supportent pas de charges sociales, à
l'exception de la CSG et de la CRDS, mais sont comprises dans le revenu
imposable si le salarié les perçoit immédiatement. En revanche, elles échappent
à l'impôt sur le revenu si elles sont versées sur un plan d'épargne entreprise
et bloquées 5 ans. De même, les revenus et les plus-values des fonds versés sur
un PEE sont exonérés d'impôt au-delà de 5 ans. Elles sont toutefois soumises à
la CSG, CRDS et aux cotisations CNAV et CNAF (10% au total). L'épargne peut
aussi être récupérée en franchise fiscale avant l'échéance de 5 ans, pour 9
motifs légaux tels que le mariage, la naissance d'un 3ème enfant, l'achat d'une
résidence principale...
Revenons à ses origines. L'épargne salariale a été créée pour " faire
participer le salarié aux fruits de l'expansion ". Elle oblige l'employeur - par
la participation - ou l'incite - par l'intéressement et le PEE - à aider le
salarié à se constituer une épargne. La gestion de cette épargne présente des
garanties sérieuses de sécurité puisqu'elle est confiée à des organismes
spécialisés, placés sous le contrôle de structures paritaires, les conseils de
surveillance et sous la tutelle de la COB.
L'épargne salariale met à la disposition de l'entreprise des outils de
motivation et de fidélisation du salarié plus avantageux que les augmentations
de salaire. Elle lui permet de transformer ses salariés en actionnaires lorsque
les fonds sont versés sur un fonds commun de placement comprenant des actions de
l'entreprise.
Enfin, la gestion paritaire développe le dialogue social dans l'entreprise.
Pour le salarié, l'épargne salariale est un moyen fiscalement avantageux de se
constituer une épargne grâce à un portefeuille de valeurs mobilières. Et la
possibilité de débloquer les sommes placées sur un PEE avant l'échéance de 5 ans
dans un grand nombre de cas, et ce sans remettre en cause les avantages fiscaux,
donne une grande souplesse au dispositif.
Le développement de l'épargne salariale
Au cours des dernières années, l'épargne salariale a bénéficié de deux
facteurs de développement. En premier lieu, la vague de privatisation, initiée
au début des années 80, et la loi votée en 1986, qui oblige l'Etat à réserver
aux salariés 10% des titres mis sur le marché à des conditions préférentielles,
ont contribué à doper l'épargne salariale. Le blocage des actions pendant 5 ans
assure un actionnariat stable à l'entreprise et constitue une contrepartie au
rabais et aux facilités de paiement accordés. Des sociétés privées favorisent
ainsi la détention d'une partie de leur capital par les salariés selon les mêmes
mécanismes.
En second lieu, les retards pris en matière de fonds de retraite favorisent
l'expansion de l'épargne salariale. Beaucoup de salariés laissent leurs fonds
plus de 5 ans sur le PEE et utilisent l'épargne salariale comme complément de
retraite. Quant aux entreprises qui souhaitent participer au financement de la
retraite de leurs salariés, elles ont la possibilité de mettre en place des
PEELT (plans d'épargne d'entreprise à long terme) dans lesquels la période de
blocage est prolongée, généralement de 5 ans, et peut être encouragée par un
abondement supplémentaire de l'employeur. Enfin, le couplage d'un PEE et d'un
PEP assurance, huit ans avant l'échéance, permet une sortie en rente viagère
défiscalisée.
Une troisième perspective s'ouvre à l'épargne salariale grâce à la loi sur
les 35 heures et au compte épargne temps. La contre valeur en francs des heures
supplémentaires et de certains congés pourrait être versée sur des FCP et rendue
disponible au moment du départ à la retraite du salarié, ou lors de la prise
d'un congé sabbatique. Cette nouvelle utilisation de l'épargne salariale
confirme son rôle en tant qu'outil de négociation et de rémunération dans
l'entreprise.
L'épargne salariale dispose donc de très nombreux atouts. Avantageuse
fiscalement et financièrement pour les employeurs comme pour les salariés, elle
est aussi très souple dans son utilisation et gagnerait à être mieux connue.
Parions qu'elle a encore de beaux jours devant elle.
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