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Désormais, pour tous les contrats
souscrits ou versements effectués après le 13 10 98 et avant 70 ans, les
capitaux sont exonérés de droit de succession jusqu'à 152 500€. Cet abattement
s'applique sur la part revenant à chaque bénéficiaire. Augmenter le nombre de
bénéficiaires permettra de transmettre hors fiscalité des sommes plus
importantes. Au-delà, les sommes perçues, capital et intérêts compris, sont
taxées à un taux forfaitaire de 20%. En général, ce taux est plus favorable que
l'application du barème progressif des droits de succession.
Comme nous l'avons vu dans notre
article précédent, l'ancien système de taxation des sommes versées après le
70ème anniversaire de l'assuré a été maintenu : au-delà de 30 500€ de versements
après 70 ans, le barème des droits de succession s'applique en fonction du lien
de parenté entre le bénéficiaire et l'assuré. Pour un bénéficiaire déterminé,
la taxation est connue dès la souscription du contrat puisqu'elle est basée sur
les sommes versées par le souscripteur. La valorisation totale du contrat est
quant à elle transmise hors droit de succession.
Le nombre de paramètres pris en
compte pour la détermination de la taxation rend la comparaison entre les 2
systèmes de taxation très difficile.
Pour illustrer notre propos, nous
pouvons mettre en parallèle 2 cas simples. Madame Lajoie, âgée de 69 ans et
11 mois verse sur un contrat d'assurance vie une somme de 1 M€ et
désigne son fils comme bénéficiaire. Le même jour, Monsieur Armant, 71 ans,
réalise un investissement dans des conditions identiques. Ils décèdent tous
deux 15 ans après et leur contrat, valorisé à 5% par an, a une valeur de rachat
de 2 078 928€. Le fils de Madame Lajoie supportera une taxation de 385 285€
alors que le fils de Monsieur Armant sera taxé à hauteur de 227 025€. Madame
Lajoie aurait mieux fait d'attendre son 70ème anniversaire pour souscrire son
contrat d'assurance vie ! Gardons-nous pourtant de toute conclusion hâtive.
La souscription d'un contrat d'assurance vie après 70 ans n'est pas toujours
plus avantageuse, elle l'est même rarement.
Nous avons retenu l'exemple d'une
personne seule, avec un enfant unique. Les résultats auraient été bien
différents si Madame Lajoie n'avait pas eu d'enfant mais de nombreux
petits-neveux à gratifier. Dans ce cas, l'abattement de 152 500€ aurait été
multiplié par le nombre de bénéficiaires et le taux de taxation limité à 20%
(contre 55% pour les versements après 70 ans -taux applicable entre parents
éloignés jusqu'au 4ème degré-). Plus le degré de parenté est éloigné et
plus la souscription avant 70 ans deviendra
intéressante.
De même, le montant des intérêts
générés par le contrat a un impact direct sur le montant de la taxation. Le
montant des intérêts dépend de la rentabilité globale du contrat ainsi que de la
durée du placement, c'est à dire, le plus souvent, la durée de vie du
souscripteur. Plus la capitalisation du contrat sera élevée, plus une
souscription après 70 ans sera préférable.
En résumé, pour comparer une
souscription avant ou après 70 ans, il faut considérer 5 paramètres principaux
:
-
Le montant
investi
-
Le lien de parenté entre l'assuré
et le bénéficiaire
-
Le nombre de
bénéficiaires
-
La rentabilité attendue du
contrat
-
La durée du
contrat
De toute façon et quel que soit votre
âge, l'assurance vie est un excellent outil pour protéger vos proches en cas de
décès. Quant aux versements avant ou après 70 ans, il serait hasardeux de
dégager des règles générales dans la mesure où chaque paramètre impacte le
résultat final. Seul un examen approfondi de la situation de chacun pourra vous
aider à prendre la bonne décision.
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