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Emploi des seniors : le bilan mitigé de la réforme des retraites (novembre 2008)
La réforme Fillon sur les retraites, qui visait notamment à inciter les salariés à prolonger leur carrière, n'a pas eu les effets escomptés sur le comportement des futurs retraités. C'est en tout cas ce qu'affirme la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), dans une étude publiée récemment*.

L'échec des surcotes. La loi de 2003 instaurait notamment un système de surcote en faveur des salariés qui continuent à travailler, alors qu'ils pourraient prétendre à une retraite à taux plein. Mais ses effets semblent limités. Ainsi, selon l'étude, seuls 7,6% des retraités de l'année 2007 en ont bénéficié à leur demande. Avant la mise en place du dispositif, 7% des personnes ayant cotisé un nombre suffisant de trimestres restaient déjà à leur poste, sans la moindre incidence sur leur future pension.

 

Les autres dispositifs. Les autres mesures incitatives ne rencontrent pas davantage de succès. La Cnav avoue manquer de données chiffrées sur l'impact du réaménagement du cumul emploi-retraite. S’agissant de l’assouplissement de la retraite progressive, on sait toutefois qu’il est insignifiant. Le nombre de personnes qui en bénéficient reste marginal : 758 au 30 juin 2007, contre 673 fin décembre 2003. Pire, l'étude souligne qu'elles étaient deux fois plus nombreuses (1287) fin 1993. À titre de comparaison, le nombre de départs en retraite s’est élevé à 760.500 en 2007.

 

Les raisons de ce bilan mitigé. Pour la Cnav, plusieurs raisons expliquent ce constat décevant. En premier lieu, le dispositif des surcotes ne s’est pas révélé suffisamment incitatif. En outre, redoutant un nouveau durcissement des conditions de départ après le rendez-vous sur les retraites, programmé cette année, de nombreux salariés ont préféré faire valoir leurs droits plutôt que de prolonger leur activité. Enfin, l’attachement des Français à la « valeur loisirs » a sans doute été sous-estimé.

 

Loin des objectifs. À l'inverse, les mesures permettant de partir plus tôt (rachat d'années d'études, retraites anticipées pour carrières longues...) ont été plébiscitées. Tant et si bien que l'âge moyen de départ à la retraite a même diminué, passant de 61,4 à 60,7 ans entre 2003 et 2006 (61,2 ans hors dispositif pour carrières longues). Cinq ans après la réforme, le taux d’emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans ne dépasse pas 38,1%, pour un objectif fixé à 50% en 2010. 

 

*Revue Retraite et société, n°54.

 
 

Les effets de la réforme de 1993

L'étude de la Cnav revient également sur les conséquences de la réforme Balladur de 1993. Celle-ci imposait un allongement (de 37,5 à 40 ans) de la durée de cotisation des salariés du privé. Elle modifiait aussi le mode de fixation des pensions, calculées sur les 25 meilleures années de salaires (au lieu de 10). En outre, depuis 1993, les salaires pris en compte dans le calcul des pensions sont indexés sur l'inflation, et non plus sur l'évolution du salaire moyen. Il en ressort que 6 retraités sur 10 ayant cessé leur activité entre 1994 et 2003 reçoivent une pension moins importante que celle à laquelle ils auraient pu prétendre sans la réforme. La baisse moyenne est de 6% pour l’ensemble de la population (7% pour les hommes, 5% pour les femmes). Les jeunes retraités sont les plus touchés. Au total, selon la Cnav, la mise en place de ces nouveaux paramètres aurait ainsi permis une économie de 10% sur la masse des pensions servies en 2003.

 
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