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Un travail
sans précédent. Les données
présentées dans les 345 pages du rapport couvrent,
pour la première fois, l'ensemble des 30 pays de l'OCDE**. L'étude
décrit non seulement les inégalités de revenus disponibles mais aussi celles
concernant d’autres domaines habituellement exclus des enquêtes classiques sur
la distribution des ressources économiques entre les individus et les ménages
(voir encadré). Des informations sur les évolutions observées depuis le
milieu des années 80 jusqu'au milieu des années 2000 sont également analysées
pour une vingtaine de pays.
D'importants contrastes.
Dans les trois quarts de ces pays, les
inégalités se sont creusées. Cette augmentation des inégalités de revenu
disponible - après impôts et prestations sociales - est cependant plus modeste
qu'on ne le pense généralement. Elle est, par ailleurs, très contrastée.
Le rapport entre le revenu moyen des 10% les plus pauvres et celui des
10% les plus riches n'est que de 1 à 5 en Suède ou au Danemark. À l'autre
extrême, il est de 1 à 20 en Turquie ou au Mexique.
Au sein de la
population, l’évolution n’est pas homogène. Les 55-75 ans ont ainsi enregistré
la plus forte progression de leurs revenus. Mais si la pauvreté des retraités a
reculé, celle des jeunes adultes et des enfants a, en revanche, augmenté.
L'Organisation tire donc la sonnette d'alarme : « si les gouvernements ne dépensent plus
autant en prestations sociales, alors les inégalités augmenteront
rapidement. »
Parmi les bons élèves.
Avec la Grèce et l'Espagne, la France fait partie des rares
pays où ni la pauvreté, ni les inégalités n'ont augmenté en vingt ans. Elles ont
même nettement reculé jusqu'au début des années 90, mais remontent depuis. Si
les Français les plus riches et les classes moyennes disposent de revenus
comparables à ceux observés dans les autres pays, ceux des plus pauvres sont
supérieurs de 25 % à la moyenne de l'OCDE. À l'origine de cette situation, les
prestations sociales. Elles représentent un tiers du revenu des ménages
français, contre 22 % en moyenne. L’étude souligne que, par les impôts qu’ils
prélèvent et les prestations qu’ils servent, les pouvoirs publics contribuent
largement à déterminer les revenus et les niveaux de vie.
* « Croissance et
inégalités : distribution des revenus et pauvreté dans les pays de
l'OCDE »
** Allemagne, Australie,
Autriche, Belgique, Canada, Corée, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande,
France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique,
Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République slovaque,
République tchèque, Royaume-Uni, Suède, Suisse et Turquie.
Des données
nouvelles
Patrimoine
des ménages, modes de consommation, accès aux services publics...
Plusieurs domaines jusqu’alors ignorés des études classiques sont pris
en compte dans celle de l’OCDE.
Pour ses auteurs, l’inégalité n’est, en effet, pas qu’une
question de revenus. Les possibilités d’accès à l’enseignement, à la
santé ou au logement constituent autant de facteurs d’égalité – ou
d’inégalité – sociale. Les disparités se creusent beaucoup plus
nettement dès que l’on compare les patrimoines financiers. Enfin, un
faible revenu entre deux périodes d’emploi est moins insupportable que
la pauvreté durable.
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