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Retraite : mode d'emploi pour un bon bilan patrimonial (août 2009)
Dans sa phase de préparation, retraite rime avec prévoyance et planification. Avant de cesser ses activités, il est ainsi prudent d'évaluer son patrimoine et de l'organiser. Cet article vise à vous apporter des éléments de réponse qui pourront guider utilement votre réflexion.

Un bon bilan patrimonial se réalise en plusieurs étapes :

Définir mes besoins

La première étape de ce bilan consiste à définir avec précision vos besoins, c'est-à-dire vos charges prévisibles.

  • Ces charges peuvent être d'abord récurrentes. C'est l'ensemble de vos frais fixes et de vos dépenses incontournables (logement, voiture, habillement, loisirs...).
  • Il est ensuite sage de prévoir une réserve de trésorerie. Cette cagnotte sera bien utile en cas de dépenses exceptionnelles (travaux dans la maison ou l'appartement, changement ou réparations sur la voiture...).

Calculer mes ressources

La seconde étape de ce bilan vise à calculer vos ressources : vos rentrées régulières ou occasionnelles d'argent.

  • La première source de revenus et la plus régulière est dans la majorité des cas la retraite proprement dite. Si vous n'avez pas encore calculé cette ressource, vous pouvez utiliser différents outils de simulation.
  • Dans cette phase d'évaluation de vos ressources, il convient de ne pas oublier les rentrées moins régulières issues de votre épargne et de vos placements : revenus mobiliers, fonciers ...

Prévoir des placements qui, le moment venu, pourront dégager des revenus

Dans un premier temps, vous devez choisir un produit de capitalisation, qui vous permettra, plus tard, d'obtenir des revenus complémentaires dans les meilleures conditions tant en termes de sécurité que du point de vue fiscal.

Plusieurs solutions s'offrent à vous :

  • L'assurance vie : pendant la phase d'épargne, les intérêts capitalisent en suspension d'impôt. Lorsque vous en aurez besoin, de nombreux contrats vous laissent la possibilité d'effectuer des retraits partiels programmés. Cette formule permet de bénéficier de la fiscalité spécifique de l’assurance vie.

    En cas de retrait avant 8 ans, les produits du contrat d’assurance vie sont imposés au barème progressif de l’impôt sur le revenu ou sur option au prélèvement forfaitaire libératoire (soit 35% si la durée du contrat est inférieure à 4 ans, 15% si cette durée est supérieure ou égale à 4 ans).

    En cas de retrait après 8 ans : si la part des produits dans votre retrait est inférieure à 4600€ pour une personne seule ou 9200€ pour un couple soumis à une imposition commune, les revenus dégagés par votre contrat d’assurance vie seront exonérés d’impôt sur le revenu. Au-delà de cet abattement, la fiscalité suivra le barème de l’impôt sur le revenu, ou, sur option, le prélèvement libératoire de 7,5%.

    Sont par ailleurs exonérés d’impôt sur le revenu les produits des contrats quelque soit leur durée, lorsque le dénouement résulte de la situation du souscripteur ou de son conjoint : licenciement, retraite anticipée, jugement de liquidation judiciaire, invalidité de deuxième ou troisième catégorie.

  • Le PEP (Plan d'Epargne Populaire) : il n'est plus possible d'ouvrir de PEP depuis le 25 septembre 2003.  Si vous en possédez déjà un, vous pourrez effectuer un retrait en capital ou une sortie en rente viagère exonérés d’impôt après 8 ans.

  • Le PEA (Plan d'Epargne en Actions) : le PEA est un placement dynamique réservé aux seules actions communautaires. Un retrait en capital après 5 ans n’entraîne aucune taxation au titre de l’impôt sur le revenu. Une sortie en rente viagère après 8 ans sera aussi exonérée.

Dans tous les cas, la sécurité de votre placement doit assurer la régularité de vos futurs revenus. Si dans l'immédiat, vous vous orientez vers des formules dynamiques, il semble prudent de réduire progressivement votre risque. A l'approche de la retraite, il vous faudra alors arbitrer en douceur les supports les plus risqués vers des supports plus sécuritaires. Vous éviterez ainsi de devoir céder massivement vos actifs dans un marché baissier ou pire, au cours d'un krach boursier.

Organiser la transmission de mon patrimoine

L'âge de la retraite est un moment idéal pour faire le point sur sa situation patrimoniale et envisager la transmission de ses biens dans les meilleures conditions. Pour cela, vous pouvez réaliser des donations de votre vivant ou préparer la transmission de vos biens par le biais de contrats d'assurance vie.

Les donations

"Avant l'heure, c'est pas l'heure. Après l'heure, c'est plus l'heure."

Cette petite phrase résume bien les grands principes de l'optimisation de la transmission de patrimoine. Donner trop tôt revient à se démunir de biens dont vous aurez peut-être besoin un jour. Et donner trop tard vous prive des nombreux avantages réservés aux donations.

Le législateur a choisi d'encourager les donations par des mesures fiscales avantageuses :

  • Tous les 6 ans, vous pouvez donner jusqu'à 156.359 € par enfant et 31.272 € par petit enfant sans fiscalité.
  • Avant 70 ans, votre donation bénéficiera d'une réduction de droit de 50% puis de 30% entre 70 et 79 ans, s'il s'agit de donations consenties en pleine propriété.

Si vous souhaitez conserver l'entière disponibilité de vos biens tout en profitant d'avantages fiscaux, l'assurance vie est alors une solution idéale.

L'assurance vie

L'assurance vie permet de transmettre, sans formalité particulière, des capitaux à la ou les personnes de votre choix. Celui qui souscrit le contrat désigne librement ces personnes dans la clause bénéficiaire.

Il est important de rédiger avec soin cette clause et de l'adapter au mieux en fonction de vos objectifs et motivations profondes.

Lors du décès avant 70 ans, les bénéficiaires de contrats d'assurance vie perçoivent le capital et les intérêts exonérés à hauteur de 152.500 € par personne. Au-delà, un prélèvement forfaitaire de 20% est dû.

Les sommes versées après 70 ans sont soumises à un autre régime : le capital est transmis hors fiscalité jusqu'à 30.500 € et les intérêts produits sont totalement exonérés d'impôt. Au-delà de cette somme, le montant des versements est intégré à la succession, mais aucun droit de succession n'est dû sur les produits (intérêts et plus-values).

Pour les successions ouvertes à compter du 22 août 2007, lorsque le bénéficiaire est le conjoint de l’adhérent ou son partenaire lié par un PACS, les sommes transmises dans le cadre d’un contrat d’assurance vie sont totalement exonérées de fiscalité en cas de décès de l’assuré.

Les frères et sœurs désignés bénéficiaire sont aussi visés par cette exonération lorsqu’ils remplissent les conditions suivantes :

  • il est célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps,
  • il a plus de 50 ans au jour du décès ou il est atteint d’une infirmité le mettant dans l’impossibilité de subvenir par son travail aux nécessités de l’existence,
  • il a été constamment domicilié avec l’assuré pendant les 5 ans précédant son décès.

Rien ne vous empêche de combiner donation et assurance vie et de profiter de toutes les réductions d'impôt qui y sont associées.

Organiser mon capital immobilier

Dans cette phase de préparation du départ à la retraite, il peut-être nécessaire d'envisager une réorganisation de son patrimoine immobilier.

  • Si vous possédez de l'immobilier locatif, les loyers vous fourniront des compléments de retraite. Vous pouvez même envisager une donation avec réserve d'usufruit qui vous permettra, tout en donnant de percevoir les revenus.
  • Si vous n'avez pas besoin de revenus complémentaires, la vente d'un bien immobilier vous évitera tous les tracas liés à la location.
  • Si votre résidence principale est trop grande ou trop isolée, il faut peut-être envisager de la vendre pour acquérir un bien plus adapté à vos besoins. Vous pouvez également envisager de placer le produit de la vente et de financer le coût d'une location avec les revenus ainsi dégagés.
  • Enfin, si vous possédez une résidence secondaire, calculez combien elle vous coûte. N'hésitez pas à envisager de la vendre si elle vous apparaît trop coûteuse à entretenir.

Cette analyse peut vous sembler fastidieuse. Pourtant, il est préférable de se poser les bonnes questions dès aujourd'hui pour ne plus se les poser ensuite. Ainsi, votre retraite sera plus sereine.

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