Rappel du cadre. Le Conseil d'orientation des
retraites rappelle que son rôle se limite à une réflexion, destinée à enrichir
le débat sur l'avenir des retraites. Il ne s'inclut donc pas dans la négociation
ou la concertation sociale destinée à préparer ou mettre en œuvre des décisions.
Les 39 membres du Cor précisent en
particulier que leur étude « ne saurait à ce stade valoir prise de position
par le Conseil sur l’opportunité d’une réforme consistant à passer à un système
en points ou en comptes notionnels en France ».
État des
lieux. Le
constat dressé par le Conseil est triple. Tout d’abord, malgré les mesures de convergence
déjà prises (alignement de la durée de cotisation des fonctionnaires sur le
privé, alignement de la règle de revalorisation des pensions des fonctionnaires
sur l’évolution de l’indice des prix...), les multiples régimes de base et
complémentaires, ainsi que la diversité des règles qu'ils appliquent, rendent le
système actuel complexe aux yeux du Conseil.
Ensuite, en dépit d'une importante dimension de
solidarité, il n'évite pas de fortes disparités entre retraités.
Enfin, la
dégradation de la situation financière des régimes en 2009 et 2010 est
intervenue alors que les régimes étaient déjà structurellement déficitaires,
notamment pour des raisons démographiques.
Des
questions préalables. Le Cor
assigne cinq grands objectifs à un système de retraite :
-
pérennité financière,
-
lisibilité et transparence,
-
équité entre les générations,
-
solidarité entre les individus d’une même
génération,
-
et enfin articulation avec les autres objectifs de politique
économique.
D'autres
questions se posent également : le degré et le type de solidarité souhaités, les
modalités de la transition entre ancien et nouveau système.
Techniquement possible.
Selon le rapport du
Cor, remplacer le mode de calcul actuel des pensions servies par les régimes de
retraite de base par un régime en points ou en comptes notionnels est
techniquement possible, et cela tout en intégrant des dispositifs de solidarité.
La mise en œuvre et l'application d'une telle réforme imposeraient toutefois des
délais importants. Une possibilité évoquée par le Cor serait, par exemple, de
faire coexister pendant quelque temps et des générations successives l’ancien et
le nouveau régime, en prévoyant une transition progressive. Les conséquences
pour les assurés dépendraient alors essentiellement des modalités de la
transition, en particulier de sa durée, et du choix des paramètres du nouveau
système.
Un
choix politique. Mais, pour le Cor, le passage d’un
régime en annuités à un régime en points ou en comptes notionnels n’est pas une
question principalement technique.
Elle relève d'abord de choix
politiques sur l’architecture du système de retraite, ses objectifs
prioritaires, ainsi que sur le calendrier et le mode de transition pour passer
d’un système à l'autre