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Un dispositif pour les chômeurs ayant cotisé 40 ans : l'AER (décembre 2001)
C'est à l'unanimité que les députés ont adopté début novembre l'amendement créant l'Allocation équivalent retraite (AER). Son principe avait déjà été entériné quelques jours plus tôt, lors de la discussion sur le budget de la Sécurité sociale.

Au-moins 850 euros par mois. L'Allocation équivalent retraite (AER) s'adresse aux personnes ayant cotisé quarante annuités au régime obligatoire de l'assurance-vieillesse et se trouvant en situation d'inactivité (chômeurs et Rmistes). Dès janvier 2002, ces personnes pourront toucher une allocation complémentaire leur garantissant au moins 877 euros (5750 francs) de ressources par mois. Et ce jusqu'à leur 60ème anniversaire, date à laquelle elles pourront faire valoir leurs droits à la retraite.

50.000 personnes concernées. L'AER réunit en fait, dans un souci de simplification, des dispositifs déjà existants : l'Allocation spécifique d'attente et l'Allocation spécifique de solidarité, toutes deux majorées. Autre évolution à l'avantage de l'allocataire : les ressources du conjoint ne seront pas prises en compte dans le calcul de l'AER (les revenus du foyer fiscal sont toutefois plafonnés).Selon le gouvernement, la mesure concernera dans un premier temps 50.000 personnes. Son coût, estimé à 45,73 millions d'euros (300 millions de francs), sera financé par des économies sur d'autres postes budgétaires.

Une mesure d'attente. Il ne s'agit, selon les propos de la ministre de l'Emploi et de la solidarité, que d'une étape intermédiaire, dans l'attente d'une réforme globale du régime de retraites. De nombreux parlementaires souhaitaient en particulier que tout salarié ayant cotisé 40 ans puisse partir avec une retraite à taux plein avant 60 ans. Cette mesure, qui concernerait 815.000 personnes entrées dans la vie active très jeunes, a été jugée pour l'heure trop coûteuse (environ 8 milliards d'euros).

 


Fin de carrière et départ à la retraite

Ces trente dernières années, le taux d'activité des personnes âgées de plus de 55 ans a fortement baissé, en France comme dans nombre de pays industrialisés. Ce constat figure en préambule d'une récente étude de l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), intitulée « Fin de carrière et départ à la retraite » et publiée en juin 2001 (in L'Économie française – éd. Hachette).

Le taux d'activité des hommes âgés de 55 à 59 ans, en France, est passé de 83% en 1970 à 68% en 2000 (l'évolution est moins significative pour les femmes, explique l'Insee, « dans la mesure où la baisse tendancielle de l'activité aux âges élevés est en partie compensée par la généralisation de l'activité féminine »). Les analystes de l'Insee rappellent les principales causes de la baisse du taux d'activité dans cette tranche d'âge: un nombre croissant de départs anticipés à la retraite (favorisés par des dispositifs offrant des revenus de remplacement jusqu'à l'âge de la retraite) et, plus généralement, une dégradation du marché du travail dont les salariés âgés ont le plus souffert.

Sous l'effet de l'abaissement de l'âge légal de la retraite à 60 ans, le taux d'activité des hommes âgés entre 60 et 64 ans a, lui, connu un recul encore plus spectaculaire, passant de 70% à moins de 20% en trente ans. 



 

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