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L'avenir des retraites en France (juillet 2001)
Le Conseil d'orientation des retraites a présenté en juin dernier ses premières projections sur le financement des retraites en France. En 2040, les dépenses liées aux pensions pourraient représenter 15,7% du PIB contre 11,6% actuellement.
« Ces projections, provisoires, ne constituent pas des prévisions » prévient le Conseil d'orientation des retraites (COR). Cette instance de concertation a été créée en juin 2000, à la demande du Premier ministre Lionel Jospin. Sa mission : réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour consolider le système français de retraite par répartition.
Le premier objectif du COR était d'élaborer un « scénario économique de référence », devant servir de base à la suite de ses travaux. Ledit scénario s'appuie sur une baisse du taux de chômage à 4,5% en 2010, associée à une remontée du taux d'activité entre 2000 et 2010. Par ailleurs, les projections du Conseil d'orientation des retraites se basent sur une progression annuelle de la productivité de 1,6% à partir de 2010.

« C'est un scénario favorable et largement volontariste », reconnaissent les analystes du COR. Ces derniers ont calculé, à partir de ces hypothèses macro-économiques et des projections démographiques de l'Insee, le poids à venir des dépenses liées aux retraites. Elles devraient représenter entre 13,6 et 13,8% du PIB en 2020 et entre 15,7 et 16% du PIB en 2040 (contre 11,6% en 2000). Projections « préoccupantes » pour les uns, « non-catastrophiques » pour les autres, ces premiers travaux ont été accueillis avec beaucoup d'intérêt par les spécialistes et les partenaires sociaux. Le COR, de son côté, ne tire aucune conclusion hâtive. Mais sa présidente, Yannick Moreau, retient tout de même les premiers enseignements : « L'apparition ou l'augmentation des déficits est repoussée à deux ou trois ans, mais financer 4 points du PIB constitue un véritable problème ».
Le Conseil d'orientation des retraites devrait prochainement proposer ses premières recommandations. Il présentera ses conclusions définitives à l'automne prochain.



L'arrivée des papy-boomers*


L'avenir des retraites en France est fortement déterminé par l'évolution démographique du pays. Cet avenir dépend du poids respectif de la population active, qui cotise, et de celle des retraités, qui perçoit des pensions. Selon les projections démographiques réalisées par l'Insee, le nombre de retraités a tendance à augmenter naturellement du seul fait de l'allongement de la durée de vie. Mais ce phénomène va être amplifié par l'arrivée des « papy-boomers ». Ces classes d'âge nées après la 2ème guerre mondiale – et dont le poids démographique est plus important que les classes suivantes – vont prendre leur retraite à partir de 2006 et jusqu'en 2035 (à partir de cette date, l'effet du baby-boom s'estompera). Ces départs à la retraite vont logiquement entraîner une baisse de la population active. Le taux de fécondité, en recul, et le solde migratoire (actuellement stabilisé à 50.000 personnes par an) ne permettant pas de renverser cette tendance, les actifs seront donc insuffisants pour contrebalancer l'augmentation des retraités qui, par ailleurs, vivront de plus en plus longtemps.


* Source : Insee



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