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Présentées aux partenaires sociaux le 25 mars dernier, les conclusions du
rapport Charpin sur l'avenir des retraites évoquent quatre pistes de réforme :
l'allongement de la durée de cotisations, la constitution de réserves,
l'élargissement de l'assiette de cotisations et l'aménagement de certaines
dispositions en vue de renforcer la solidarité du système. Remis au Premier
Ministre, Lionel Jospin, fin avril, le rapport comprend les propositions des
syndicats. Une deuxième phase de consultation est en cours. Les orientations de
réforme n'interviendront qu'à la fin de l'année 1999..
Des réformes s'imposent si les Français veulent consolider leur système de
retraite par répartition et garantir ses objectifs de solidarité.
Quel que soit le scénario retenu en termes de taux de chômage et de volume de
la population active, la marge de manoeuvre financière de l'ensemble des régimes
de retraite n'est pas suffisante pour compenser les charges supplémentaires dues
à l'allongement de la vie et à l'arrivée à la retraite des générations
nombreuses d'après-guerre. Même avec un taux de chômage de 3%, la charge des
retraites passerait de 12,1% du PIB en 1999 à 17,8% en 2040.
Le diagnostic posé par le groupe de travail constitué par la Mission de
Concertation sur l'avenir des retraites, confiée par le Premier Ministre à
Jean-Michel Charpin, Commissaire au Plan, a confirmé les prévisions des rapports
précédents.
Le rapport Charpin propose quatre pistes de réforme : l'allongement de la
durée de cotisations, la constitution de réserves, l'élargissement de l'assiette
de cotisations et l'aménagement de certaines dispositions en vue de renforcer la
solidarité du système. Des quatre mesures étudiées, c'est l'allongement de la
durée de cotisations qui est présentée comme la plus efficace. En effet, pour
éviter l'augmentation du taux de prélèvement sur les actifs et la baisse
relative du niveau des pensions, le paramètre essentiel d'ajustement est l'âge
de départ à la retraite. Plutôt que de repousser l'âge légal de la retraite,
mesure qui ne tient pas compte de l'âge de l'entrée dans la vie active, le
rapport Charpin préconise de porter progressivement à 42,5 ans la durée de
cotisations nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein, et ce pour
l'ensemble des régimes à l'horizon 2019. En contrepartie, les pénalités
appliquées lorsque la durée de 42,5 ans n'est pas atteinte seraient revues à la
baisse dans le secteur privé (1,2% d'abattement par trimestre manquant contre
2,5% actuellement).
Gérer
l'emploi des salariés âgés
Cette proposition suscite de vives réactions dans le contexte économique
actuel. Car, pour être efficace, elle suppose de modifier la gestion de l'emploi
des salariés âgés dans les entreprises et de limiter les recours aux
préretraites . L'annonce du lancement par le Plan d'une mission de réflexion sur
le thème des travailleurs âgés va dans ce sens. La seconde mesure étudiée
concerne l'utilisation du fonds de réserves, créé par la loi de financement de
la Sécurité sociale pour 1999 et dont il faut fixer les modalités de
fonctionnement.
Le montant des réserves à constituer dépend de l'objectif assigné au fonds.
S'il s'agit de lisser la hausse prévue des taux de cotisations, les réserves
constituées au départ seront consommées rapidement et devront être moins
importantes que si le fonds a pour mission de compléter de façon durable les
ressources des régimes. Quant au choix de l'organisme à qui est confiée la
gestion du fonds et du type de placements financiers (actions ou obligations),
il a une importance décisive dans la mesure où il influe sur l'économie globale
du pays.
Une troisième piste de réforme passe par la modification de l'assiette du
financement pour accroître les ressources des régimes. La modification de
l'assiette des cotisations patronales et la prise en compte de la valeur ajoutée
font l'objet d'autres rapports. Le Plan étudie l'élargissement de l'assiette
à d'autres revenus du ménage pour en souligner les limites. L'intégration
d'éléments de rémunération non soumis à cotisations présente deux inconvénients
: d'une part, la mesure serait peu productive dans le secteur privé où le
montant des éléments non soumis à cotisations est limité, d'autre part, toute
intégration entraîne à terme une augmentation des charges de retraite, en
particulier dans les régimes spéciaux. Aussi le groupe de travail
préfère-t-il le déplafonnement de la cotisation vieillesse employeur qui ne crée
pas de droits supplémentaires. La substitution d'assiette de la Contribution
Sociale Généralisée (CSG) à des points de cotisation vieillesse augmenterait de
façon significative les ressources des régimes. Mais elle accroîtrait
fortement les prélèvements sur les revenus de retraite et du capital, qui ont
déjà beaucoup augmenté depuis 1981.
Enfin, le rapport Charpin étudie l'aménagement de certains dispositifs. Sont
ainsi proposés le retour à l'indexation sur les salaires au lieu de l'indexation
sur les prix dans le secteur privé, la prise en charge par la Caisse Nationale
d'Allocations Familiales des avantages familiaux, l'amélioration de la
validation de durée d'assurance pour certaines périodes de formation ou de
chômage, et la bonification de durée d'assurance pour pénibilité du
travail. Ces mesures, qui ont été peu médiatisées, sont favorables aux futurs
retraités. Elles compenseraient en partie l'allongement de la durée de
cotisations et renforceraient l'aspect solidaire des régimes par répartition.
Des orientations de nature à rassurer les partenaires sociaux.
Les premières réactions du
gouvernement
Le Premier Ministre s'est déclaré d'accord avec le diagnostic, mais se montre
plus prudent sur les pistes de réformes. Dans l'immédiat, l'ouverture d'une
deuxième phase de consultation avec les partenaires sociaux, menée par Martine
Aubry, qui doit durer jusqu'à l'été et " la mise en place d'un dispositif
permanent de pilotage du système de retraite " ont été annoncées. Les
orientations des réformes, qui seront étalées sur plusieurs années, ne seront
définies qu'à la fin de 1999. Elles devront respecter trois grands principes.
Primo, le pouvoir d'achat des retraités actuels sera préservé. Secundo, la
priorité est de " consolider les régimes par répartition ". Tertio, le
gouvernement confirme sa volonté de " reconstruire une société de plein emploi
".
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Les premières réactions du
gouvernement
Le Premier Ministre s'est déclaré d'accord avec le diagnostic, mais se
montre plus prudent sur les pistes de réformes. Dans l'immédiat,
l'ouverture d'une deuxième phase de consultation avec les partenaires
sociaux, menée par Martine Aubry, qui doit durer jusqu'à l'été et " la
mise en place d'un dispositif permanent de pilotage du système de retraite
" ont été annoncées. Les orientations des réformes, qui seront étalées sur
plusieurs années, ne seront définies qu'à la fin de 1999. Elles devront
respecter trois grands principes. Primo, le pouvoir d'achat des retraités
actuels sera préservé. Secundo, la priorité est de " consolider les
régimes par répartition ". Tertio, le gouvernement confirme sa volonté de
" reconstruire une société de plein emploi
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