|
Harmonisation. Les états généraux de la santé, en 1999, l'avaient
mis en évidence : les textes réglementaires concernant les malades – comme les
lois sur la bioéthique ou la charte du patient hospitalisé – ne répondent que
partiellement à leurs attentes. D'autant que l'application de ces textes s'avère
parfois complexe, les droits des malades étant énoncés de différentes manières
dans différents recueils de loi (code civil, code de la santé publique, codes
déontologiques des professionnels de santé...).
Respect de
la dignité. En premier lieu, la loi
Kouchner étend au malade des droits reconnus à toute personne : respect de
la dignité, non-discrimination, mais aussi droit à l'information. À ce titre,
chaque malade bénéficie d'un accès direct à son dossier médical. À l'inverse, la
volonté d'un patient ne désirant pas être informé devra être respectée. Un rôle
nouveau est en fait confié au malade, qui prend les décisions le concernant sur
propositions des professionnels de santé. C'est lui qui décide par exemple, s'il
est en mesure de le faire, d'une éventuelle intervention chirurgicale, après
avoir été informé des bénéfices visés et des risques
encourus.
Dans le même esprit de transparence, une place
nouvelle est accordée aux associations de malades et d'usagers, désormais
considérées comme des acteurs à part entière du système de
santé.
Le texte prévoit de mieux encadrer l'activité de
chirurgie esthétique. Les établissements qui la pratiquent seront soumis au
respect de certaines normes sanitaires. Le patient devra être préalablement
informé des coûts et des risques liés à une intervention. Un devis sera
systématiquement remis au patient avant toute
intervention.
Par ailleurs, pour garantir les compétences, le
dispositif développe la formation continue, dont l'obligation est étendue à tous
les médecins, ainsi qu'à tous les personnels médicaux et pharmaceutiques
participant au service public de santé.
Responsabilité médicale clarifiée. Le texte crée la notion d'aléa thérapeutique.
Il permet ainsi la réparation des accidents médicaux en l'absence de faute. Les
cas sont étudiés par des Commissions régionales de conciliation, présidées par
des magistrats, et regroupant des usagers, des professionnels de santé, des
représentants de l'Office national d'indemnisation et des entreprises
d'assurance. L'indemnité sera versée par l'Office national d'indemnisation des
accidents médicaux, financé par l'assurance maladie.
|
La région au coeur du
dispositif
Le
gouvernement prépare annuellement un rapport avec l'aide du Haut comité de
la santé publique. Après avis de la Conférence nationale de
santé*, dont les missions ont été renforcées, ce rapport donne lieu à un
débat parlementaire, préalable au vote de la loi de financement de
la
Sécurité sociale.
Localement, une structure unique, le Conseil régional de
santé, harmonise les actions, les programmes et les politiques de santé, à
l'échelle de la région. Il regroupe des représentants des professionnels,
des usagers, des institutions sanitaires, de l'assurance maladie, des
collectivités territoriales et des personnalités qualifiées. Grâce aux
bilans et propositions qu'elles transmettent, ces nouvelles
structures permettent aux régions de contribuer pleinement à la définition
de la politique nationale de santé.
* La
Conférence nationale de santé regroupe le
gouvernement, l'ensemble des professionnels de santé et les partenaires
sociaux. |
|